L'ASSOCIATION ARCHEOLOGIQUE KERGAL (AAK).

L'Association Archéologique Kergal a été fondée en 1976 par une équipe d'étudiants passionnés de Préhistoire et plus particulièrement de "mégalithisme". Depuis, le travail passionné ainsi mené, a été couronné par de très importantes découvertes sur le sens des vestiges mégalithiques les plus célèbres subsistant dans la région morbihannaise : Gavr'inis, Locmariaquer, Carnac, Erdeven et Quiberon....


Aperçu des études de l'A.A.K.

Brusquement sur terre, on vit apparaître le phénomène mégalithique, c'est-à-dire que sur différents points du globe, des hommes ont éprouvé le même besoin d'ériger des pierres selon des lois que nous essayons de découvrir.

Cette nécessité persistant plusieurs siècles chez des hommes qui vivaient en des lieux très éloignés les uns des autres, il faut croire que leur volonté fut d'exprimer la même chose.

Mais quelle chose ? Et pourquoi sous cette forme ? C'est pour nous un bien grand mystère....

Les mégalithes furent érigés il y a environ 7000 ans. Ils apparaissent sur différents points de la terre : en Corée, au Tibet, en Inde, au Caucase, en Anatolie, en Palestine, en Afrique du Nord et en Europe. Et partout, nous observons les mêmes types de constructions.

Mais bien avant cette époque, nous savons que des changements climatiques bouleversent les équilibres de vie économique. La mer submerge les régions côtières, les populations littorales refluent vers l'intérieur des terres ou migrent vers d'autres lieux. En Europe, les modes de vie néolithique et mésolithique commencent à se mêler et à fusionner. L'agriculture gagne le nord et l'ouest, elle atteint l'armorique au début du 5° millénaire.

A l'aube de ces temps nouveaux, la tradition mégalithique existait déjà en germe, pensée dans ses grands principes au sein du foyer mésolithique morbihannais et put, dans ces nouvelles conditions économiques, s'exprimer.

Au lendemain des grandes catastrophes naturelles qui affectèrent l'Armorique mésolithique, la configuration des côtes subit une importante transformation sous la brusque et puissante montée de la mer. Les populations cotières refluent vers l'intérieur des terres à la recherche de hauteurs qui les maintiendraient à l'abri des flots intempestifs et des séismes et assureraient leur survie.

Nous pouvons affirmer sans aucun doute que les hommes de cette civilisation naissante sont non seulement passés maitre dans l'art et la science de la navigation mais encore sont devenus savants dans le domaine de la science astronomique, des mouvements des étoiles et des planètes.

C'est sur le mouvement des astres, le trajet des cours d'eau, sur la configuration des collines est des vallées, qu'ils prirent appui, pour mettre en place l'ensemble de leur système.

Petit à petit, il nous est apparu mais d'une manière magistrale, que le sol armoricain fut le "dépositaire" des connaissances de l'époque.

En effet, nos études ont prouvé l'unité de la Pensée mégalithique. Celle-ci s'affirme autour du golfe de Morbihan avec Gavr'inis et Locmariquer et se prolongant jusqu'à Erdeven en passant par Carnac sans oublier au nord les monuments des landes de Lanvaux.

A Locmariaquer nous avons retouvé l'organisation d'un centre de culture traditionnel où fut disposé d'une manière magistrale et encore visible de nos jours par des formes au sol incontestables inscrite dans le paysage, des sciences et des connaissances qui peuvent paraître étonnantes à cette époque (-5000 ans).

Dans ce que nous pourrions appeler un "Espace Sacré", se dressait le grand menhir Er Groah le plus connu et le plus grand au monde ( 18 mètres / 347 tonnes ) autour duquel se répartissent d'autres monuments :

A quelques mètres à l'est du grand menhir Er Groah, le dolmen de la Table des Marchands recouvre une immense pierre gravée en forme de Déesse-écusson.

Ce dolmen est orienté de telle manière qu' au matin du solstice d'hiver, cette Déesse reçoit les rayons du Soleil.

Déesse gravée de la Table des Marchands

Autour du grand menhir, les monuments tel que Mané Lud, Mané Ruthual, Kerlut et Mané er H'roëck.. placés juste sur trois cercles concentriques encore visible dans le sol, apportent à l'ensemble de l'organisation une dédicace et un symbole qui lui est propre.

Carnac : la mesure du temps.

Il y a 7000 ans des géographes ont mis sur pied un gigantesque système de mesure du temps d'égale importance à ceux d'Amérique précolombienne, de l'Inde ancienne, du Moyen - Orient et de l'Egypte.

Tous les relevés topographiques, les travaux et calculs tant astronomiques que géométriques que nous avons entrepris sur ce sujet depuis plusieurs années nous ont amenés à l'hypothèse selon laquelle les célèbres alignements représenteraient un vaste système dans lequel la notion de calcul du temps basé sur le mouvement des astres (soleil, lune, planètes) occuperait une place centrale.

L'ensemble des 4 km d'alignements de la région de Carnac se présente alors comme un immense calendrier de pierres tracé à même le sol.

A l'Est des alignements de Carnac, les alignements d'Erdeven représentent le déroulement du temps exprimé par le mouvement des étoiles dans le ciel de nuit.

A travers cette magistrale expression du temps, peuvent alors être approchées ce qu'étaient les préoccupations fondamentales de ces hommes.

Le dolmen de Gavr'inis.

Il est situé sur une des îles du Golfe du Morbihan. D'une renommée mondiale, le tumulus de Gavr'inis abrite un magnifique dolmen dont les sculptures nombreuses et d'une beauté exceptionnelle constituent le joyaux de l'art mégalithique.

Pierre n° 18 de Gavr'inis

Gavr'inis est composé d'un long couloir débouchant dans la chambre dolmènique.

Ce dolmen d'une longueur de 13,4 m est orienté suivant le lever du soleil au solstice d'hiver.

Il est composé de 29 supports dont 23 sont richement sculptés sur la totalité de leurs faces

Pierre n° 9 de Gavr'inis

 

Prolongeant cette géographie mégalithique il apparaît un système de tracés de méridiens jalonnés par des monuments et axés sur la grande dorsale Nord - Sud de la presqu'ile de Quiberon, ainsi qu'une unité de mesure de base multiple de 26,8 (utilisée pour la construction de l'ensemble des monuments) qui représente une fraction décimale du parallèle en ce lieu.

L'ensemble de ces travaux font apparaître l'existance d'une gigantesque maquette que nous avons appelé le "Grand Tracé" savamment mesurée et marquée sur le sol morbihannais. Le "Grand Tracé" est l'expression géométrique, à l'échelle, de toutes les sciences de l'époque. C'est un système de mesure de l'espace et du temps.

Construit à partir d'une projection géométrique au sol du mouvement des astres, principes que nous appelons astro-géométrie, il repose sur une connaissance précise de l'astronomie et fait apparaître une véritable géographie néolithique avec une grille de méridiens quadrillant l'espace.

Aujourd'hui une certitude : plus que l'aspect scientifique, ce qui paraît le plus important, c'est qu'il y a 7000 ans, les hommes avaient non seulement une connaissance précise des lois régissant l'univers mais surtout une grande sensibilité à l'égard de la Terre qu'ils considéraient comme un Etre vivant. C'est peut-être l'héritage le plus riche qu'ils aient laissé.


 

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